KPRF_logo_color.jpgÉlections locales en Russie


Le Parti Communiste à 20% aux régionales partielles


Son candidat à la mairie d'Irkoutsk plébiscité avec 62% des suffrages



Article d'AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Grand test annoncé pour le parti du pouvoir (« Russie Unie ») sur l'ensemble du territoire Russe ce dimanche 14 mars. Des élections locales dans 76 régions russes, 1 électeur sur trois mobilisé, 8 régions dans lesquelles les Assemblées législatives étaient entièrement renouvelées, et plusieurs grandes villes théâtre d'élections municipales sous haute tension.

Et c'est somme toute un sérieux revers qu'a essuyé le parti du pouvoir, en ces temps de crise et de contestation grandissante. Selon les données compilées, Russie Unie aurait obtenu autour de 50% (de 49,5% à 50,2%) des suffrages exprimées selon le mode d'agrégation des résultats locaux, bien loin des 66% obtenus lors des élections locales d'octobre dernier.



Contrairement aux souhaits des médias occidentaux et du pouvoir, c'est le Parti Communiste qui est le grand gagnant



Contrairement à ce que souhaiteraient les médias occidentaux, ce n'est pas aux « libéraux » – discrédités qu'ils sont par le spectre de l'ère sombre du gouvernement anti-social et mafieux de Boris Eltsine – que profite cet effritement. Contrairement à ce que souhaiterait le pouvoir, les satellites du pouvoir, à sa gauche avec le parti social-patriotique Russie Juste (12%), à sa droite avec les nationalistes fascisants du Parti libéral-démocrate (13%), ne canalisent et ne rabattent que partiellement les votes perdus.



C'est bien le Parti Communiste qui engendre la plus forte progression lors de ce scrutin avec un résultat cumulé de près de 20% (19,94% exactement).



Lors des élections régionales et locales d'octobre dernier, le KPRF avait déjà réalisé un score encourageant avec 13,27% des voix. Mais ce résultat dépasse ce score ainsi que celui obtenu lors du dernier scrutin national, les élections législatives de 2007 où le Parti Communiste avait obtenu 14,9%.



en dépit d'une fraude généralisée de plus en plus insidieuse et institutionnalisée



Pourtant, le pouvoir n'a pas hésité à faire usage de son emprise sur l'appareil d'Etat pour favoriser les candidats officiels. La fraude généralisée a pris une forme à la fois plus insidieuse dans cette campagne (ex: la diffusion de faux tracts du Parti Communiste appelant à la violence à Riazan) et plus institutionnalisée, la collusion entre appareil d'Etat, appareil répressif et parti au pouvoir devenant éhontée à tel point que le responsable du service juridique a pu affirmer que « le Parti Communiste s'est non seulement battu contre Russie Unie, mais aussi contre l'ensemble de l'appareil d'Etat ».

Comme le remarque Guennadi Ziouganov, secrétaire-général du KPRF, « cette fois, 19 000 observateurs ont été envoyés sur le terrain, veiller à la validité du scrutin (…) Nous voler nos voix était plus difficile cette fois ». 800 plaintes ont quand même été déposées par le Parti Communiste à l'issue de ces élections.



Une progression forte et uniforme sur tout le territoire



Le détail de ces élections révèle que le Parti Communiste est incontestablement le deuxième parti de Russie et le premier parti d'opposition au pouvoir et à ses dérives libérales et autoritaires. Dans 7 régions, le parti consolide sa deuxième place et enregistre une forte progression.

En prenant comme point de référence les dernières élections législatives de 2007, le KPRF passe de 13,7% à 18,6% dans la région de Voronej; de 15,5% à 19% dans le Krai de Khabarovsk; de 15,2% à 19% également dans la région de Riazan; de 13,4% à 21% dans la région de Kalouga; de 12,2% à 22% dans la région de Sverdlovsk; de de 8,9% à 25% dans la République de l'Altai et enfin de 10,9% à 25,21% dans la région de Kourgan. Même la contre-performance du district autonome de Yamalo-Nenets – où le Parti libéral-démocrate (extrême-droite) prend la deuxième place devant le KPRF – est toute relative puisque le Parti progresse quand même de 7 à 8,57%.



Les élections municipales ont accouché de quelques victoires probantes du Parti Communiste: à Novotcherkassk (ville historique et industrielle de 200 000 habitants près de Rostov), à Rylsk dans la région de Koursk, à Shatura près de Moscou.

Mais le coup de tonnerre reste la victoire haut la main du candidat communiste, Viktor Kondratchov, à Irkoutsk – ville industrielle sibérienne de près de 600 000 habitants – où il a obtenu près de 62% des votes contre 27% pour le candidat de Russie Unie.



Les enseignements du scrutin: désaveu du pouvoir et soutien au programme anti-crise du KPRF



C'est ce désaveu pour le parti au pouvoir que retient avant tout Ivan Melnikov, vice-président du KPRF: « Dans la confiance que lui porte le peuple, Russie Unie a franchi le point de non-retour. Ils n'arrivent plus à retrouver une dynamique positive et, plus ou moins rapide, leur déclin est inéluctable ». Les résultats catastrophiques dans l'Altai (-26% entre 2007 et 2010), à Kourgan (-24%) et à Sverdlosk (-21%, et le score plus bas avec 39,8%) semblent confirmer cette tendance, sans parler de la défaite à Irkoutsk.



En moyenne, le parti au pouvoir a perdu près de 15 points par rapport aux élections locales de 2009 et législatives de 2007.



Mais le résultat doit être perçu aussi positivement, c'est le programme anti-crise du KPRF qui a reçu le soutien des électeurs russes. Dans la brochure « La marche de la Russie vers le socialisme » diffusée à près de 150 millions d'exemplaires, le parti renouait avec des revendications fortes et porteuses: notamment la campagne pour un plafond de 10% du revenu du ménage réservé aux dépenses pour les services publics et la mise en œuvre d'un impôt fortement progressif.



La lutte paie, l'enseignement ultime de ces élections!



C'est aussi une présence massive du KPRF sur le terrain qui explique ce résultat encourageant. A titre d'exemple, la signature d'une pétition pour la réglementation des tarifs des services publics a obtenu près de 187 000 signatures dans la région de Sverdlovsk.

C'est vers le terrain et la lutte que le vice-président du KPRF tourne ses yeux désormais: « Désormais, nous entrons dans une nouvelle phase de la lutte, l'élection est seulement un bon indicateur des perspectives qui s'offrent à nous. L'important, c'est de ne pas perdre l'initiative, continuer le travail militant quotidien, contribuer à ce que le soutien pour notre parti croisse encore ».



Les élections seulement un moment dans la lutte, qui reste l'activité centrale du parti, voilà une conception communiste des rapports entre élections et lutte, qui rejaillit logiquement sur les résultats électoraux d'un Parti Communiste, loin d'être en déclin mais en pleine ascension, qui prouve que non seulement la lutte paie, mais que seul un Parti Communiste peut la mener avec résolution jusqu'à son but: le socialisme.

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