article-0-123C0253000005DC-164 634x412Plus d'un million de manifestants dans les rues Irakiennes neuf ans après l'invasion américaine, pour défendre les services publics et réclamer « leur part du pétrole »

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Plus d'un million de manifestants ont défilé ce lundi dans les rues de Bassorah, dans le fief du dignitaire chiite Moqtar Al-Sadr, pour le neuvième anniversaire de l'invasion américaine réclamant de meilleures conditions de vie.



Les manifestations s'étaient multipliées ces dernières semaines en soutien aux manifestations pacifiques réprimées au Bahrein et en Arabie saoudite, et en marquant une nette méfiance vis-à-vis des manœuvres américaines et occidentales en Syrie. Cette fois, les manifestants ont choisi d'axer leurs préoccupations sur la situation dramatique du pays.

 

« Électricité », « Education » et « Démocratie » étaient les mots d'ordre qui sortaient de la bouche des manifestants. Scandé comme une rengaine également par la foule des mécontents, brandissant des câbles électriques, des bidons d'eau pour symboliser la piètre qualité des services publics : « Nous voulons notre part de la richesse pétrolière ! »



Car neuf ans après la chute du régime baasiste, la situation du peuple Irakienne est catastrophique sur tous les plans : pauvreté massive, corruption généralisée, services publics privatisés à la dérive.



23% de la population est au chômage, 30% de la population est sous-employée. Un irakien sur quatre tente de survivre avec moins de deux dollars par jour.



L'Irak est désormais selon l'ONG Transparency international le deuxième Etat le plus corrompu au monde après la Somalie, un Irakien sur quatre admet déjà avoir remis un pot-de-vin à un fonctionnaire pour faciliter des démarches administratives.



Pour ce qui est des anciens services publics, largement privatisés par une centaine de décrets émis par l'Autorité provisoire de la Coalition anglo-américaine en 2003, le bilan est désastreux. Un Irakien sur quatre seulement a accès à un système d'égouts, un sur cinquante en zones rurales.



L’électricité est rationnée,la plupart des Irakiens n'ont accès à l'électricité qu'une heure sur cinq voire moins, le réfrigérateur ou le climatiseur est un luxe dans un pays où en été la température peut avoisiner les 50 degrés.



Parmi les manifestants, la colère s'exprimait crûment : « Il n'y a pas de boulot, nous vivons dans des conditions terribles, il n'y a même plus de services publics », s'exprimait Latiaf Kadhim.

 

« Les députés ne pensent qu'à eux et ignorent le sort des plus pauvres », pour un autre manifestant, Muttashar Saeed.



Les intervenants officiels, proches des milieux chiites et du clan sadriste, ont lancé des appels au gouvernement pour assurer des emplois bien payé, des services publics de qualité et pour lutter contre la corruption.



Saluant la lutte menée par le peuple irakien contre les troupes d'occpation américaines, qui ont quitté le pays en décembre, Assad al-Nasiri a notamment déclaré : « Nous nous sommes battus pour libérer l'Irak de l'occupation Américaine, désormais le gouvernement doit satisfaire nos revendications, celles d'une meilleure vie ».



La situation dramatique du peuple irakien neuf ans après l'invasion américaine, et le rétablissement d'une démocratie fantoche aux intérêts des multi-nationales occidentales, ne peut que renforcer la vigilance ainsi que l'opposition des communistes et des progressistes aux manœuvres occidentales autour de la Syrie et de l'Iran, utilisant peu ou prou la même rhétorique, celle de l' « impérialisme bienveillant ».

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