UDC affichesPour le Parti suisse du Travail, le « Oui » au référendum organisé par l'extrême-droite sur l'expulsion des étrangers constitue un « dimanche noir pour la Suisse »

 

Introduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Ce dimanche 28 novembre, 53% des Suisses approuvaient la proposition du parti d'extrême-droite de l'UDC autorisant l'expulsion du territoire pour les étrangers ayant commis des actes délictueuxallant de la simple effraction au crime de sang. Au même moment, le peuple suisse rejetait à 58,9% une proposition modérée de la gauche helvétique visant à imposer un seuil minimum dans tous les cantons pour la taxation des très hauts revenus.


 

Les dernières illusions sur le caractère « démocratique » du référendum suisse, s'il en subsistaient, volent en éclat. Surtout quand on connaît la puissance de l'argent dans le financement des campagnes électorales, y compris celles référendaires en Suisse. Sans aucune limite de financement privé et dans la plus complète opacité. Ainsi, lors de cette campagne référendaire, l'UDC a pu bénéficier de fonds sans aucune mesure avec ceux qu'ont pu lever les partis de gauche voire du centre. Pour ce qui est du référendum sur le nivellement par le haut de l'imposition des plus riches, l'impact du financement privé des grandes fortunes suisses dans la campagne anti-fiscaliste qui a touché la Suisse a été décisif.


 

A titre informatif, il convient de souligner que la proposition n'est majoritaire que grâce à la sur-représentation des cantons alémaniques (70% de la population) où l'initiative a été plébiscitée dans tous les cantons hormis à Bâle-Ville, atteignant un taux record dans le canton de Schwyz (66,3%). Elle a bénéficié également d'un soutien inquiétant dans le canton italien du Tessin (61,3% de oui) où les idées xénophobes de la Ligue du Tessin, inspirée de la Ligue du Nord italienne, progressent.


 

En revanche, en Suisse romande, le « Non » l'a emporté à une solide majorité de 55,7% avec les meilleurs scores pour les cantons de Vaud (58,2%) et dans le Jura (57,3%). A Genève, le « Non » l'a emporté à 55,7%. Seul le canton du Valais s'est démarqué, en votant « Oui » à 51%.


 

Nous publions ci-dessous le communiqué du Parti suisse du Travail (nom du Parti communiste en Suisse), et remercions les camarades du secrétariat pour les informations précises dont nous nous inspirons dans cette petite introduction.


 

Communiqué du Parti Suisse du Travail – POP sur les votations fédérales du 28 novembre 2010


 

Dimanche noir pour la Suisse


 

Le Parti Suisse du Travail (PST-POP) est déçu et préoccupé par l’acceptation de l’initiative « pour le renvoi des criminels étrangers ». Une fois de plus, la propagande xénophobe de l’UDC n’a pas raté sa cible. Le PST-POP note l’échec du défi que devait provoquer le contre-projet. Il n’a pas été une solution de rechange à l’initiative. Au contraire, cette proposition de l’ « autre droite » a affaibli l’opposition à l’initiative au lieu de l’unir. Ainsi, ce contre-projet a indirectement contribué au succès de l’initiative.

 

La délinquance n’a pas pour principale cause des dispositions individuelles liées à la nationalité. Elle est en partie due à la pauvreté et aux injustices sociales. Et celles-ci sont les conséquences de la société capitaliste inégalitaire dans laquelle nous vivons. L’UDC présente avec enthousiasme les statistiques indiquant la proportion des étrangers dans les crimes commis en Suisse, mais elle oublie d’enlever ceux qui sont commis par des personnes non domiciliées en Suisse et omet de rappeler que la population étrangère est en moyenne plus pauvre, plus jeune et plus masculine que la population suisse. Or ces facteurs sont bien plus importants que la nationalité. Si on compare des groupes de population de même sexe, de condition sociale et d’âge semblables, il y a très peu de différence entre Suisses et étrangers.

 

Le PST-POP invite toutes les forces progressistes à lutter contre la gravité de la situation et contre l’augmentation de la tendance xénophobe par tous les moyens démocratiques.

 

Par ailleurs, le refus de l’initiative « pour des impôts équitables » contribuera à l’augmentation de la concurrence fiscale entre les cantons pour attirer les grandes fortunes. Cette politique défavorise l’équilibre social du pays et suscitera au fur et à mesure de son application des tensions entre les régions et entre les habitants.

 

Communiqué du Parti Suisse du Travail - POP/29 novembre 2010

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