nhs publicPrivatisation de la santé en Grande-Bretagne : le gouvernement conservateur envisage même de privatiser le service national de don du sang



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Dans le premier des deux articles sur les projets gouvernementaux de privatisation des Services de don du sang, George Schochat démontre combien il est important qu'un tel service reste entre les mains du public. Dans un autre article, Mike Walker écrit sur le rôle du militant communiste Richard Doll dans la fondation du service du sang au sein du NHS (Service national de santé). Plus de 50 000 personnes ont déjà signé une pétition pour sauver le service.



Le gouvernement bat désormais en retraite, mis en difficulté par le rejet du public et des professionnels de ses plans consistant à démanteler un service fondamental de notre NHS : le service de don du sang.



Le Service de don du sang [NHSBT] joue un rôle unique dans la vie Britannique. Il est composé de professionnels qui sont à l'avant-garde de la recherche médicale mondiale, et pourtant il compte sur les dons, gratuits et désintéressés des citoyens, dans l'assurance que leur sang ne sera utilisé que pour la recherche ou pour aider les autres.



Le NHSBT collecte du sang pour l'Angleterre et le nord du Pays de Galles. Cependant, il s'occupe des dons d'organes et de la transplantation pour l'Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord. Il emploie près de 6 500 personnes dans un service très complexe et actif. De nombreux syndicalistes organisent des installations de dons du sang sur les lieux de travail afin d'essayer de maintenir des réserves suffisantes.



Le service a été fondé dans le cadre de la constitution de la NHS et particulièrement mis en place pour créer un cadre national socialisé et donc en dehors du 'marché' et des rapports capitalistes. Il ne devait y avoir ni vente ni achat de sang. La force motrice derrière cet ethos était l'expérience de ceux qui ont mené à l'élaboration du cadre de la NHS, nombre d'entre eux ont servi dans le corps médical des forces armées durant la seconde guerre mondiale.



La première percée significative dans la création d'un service de transfusion est survenue durant la guerre civile en Espagne à la suite du travail du Canadien, le Dr. Norman Bethune, qui a réalisé de grands progrès dans le traitement des blessures causées par le conflit armé, souvent dans des hôpitaux proches de la ligne de front. Bethune a ensuite servi dans l'Armée populaire de Libération en Chine.



Désormais, ce joyau de la couronne du NHS est menacé de privatisation, dans le passage à un modèle de type Américain où les donateurs seraient payés pour leur sang. Le ministre de la Santé Lansley et ses acolytes du ministère font pression pour un service qui soit « plus efficace sur le plan commercial ». Pourtant, il ne peut y avoir aucune garantie que, dans un environnement où prédomine le profit, soient mises en place la qualité nécessaire et les vérifications systématiques.



Les syndicats ont été rapides et fermes dans leur réaction aux projets gouvernementaux. Le secrétaire-général d'UNISON, Dave Prentis, a déclaré récemment : « C'est un moment capital pour les services du sang. Le gouvernement veut l'ouvrir à des entreprises privées, avec DHLet Capita déjà dans le coup. Le motif premier de ces entreprises est de faire de l'argent et nous lutterons contre cela par tous les moyens ».



Prentis a exprimé son avis que l'ethos du volontariat qui se trouve derrière le service était si fort qu'il y avait un danger que les gens refusent de donner si le service devenait commercial. Le service du sang a près d'une semaine de réserves en stock à tout moment (soit 50 000 unités de sang), donc toute baisse du nombre de dons aurait potentiellement des conséquences désastreuses et serait extrêmement dangereuse pour l'ensemble du NHS.



Les travailleurs de la santé du syndicat UNITE ont rejoint la campagne et ont mis sur pied une pétition en-ligne, qui est un succès et sera bientôt présentée au gouvernement.





dollRichard Doll, médecin communiste et fondateur du service de don du sang



Le Dr. Richard Doll, 1912-2005, a mis en place le service national du sang, insistant sur le fait que la Grande-Bretagne devait éviter la voie Américaine où on paye les donneurs pour leur sang, écrit Mike Walker. En agissant de la sorte, il a constitué un système national de prestation d'un service essentiel basé sur les valeurs du NHS.



Richard Doll est né le 28 octobre 1912 à Hampton. Il a rejoint le Parti communiste dans ses années d'étudiant et sort diplômé de l'hôpital St-Thomas en 1937. Il est ensuite devenu le meilleur épidémiologiste du 20ème siècle et c'est à lui que l'on doit la transformation de la discipline en une science reposant sur la preuve.



Pendant la guerre, il a servi sur un navire-hôpital, au sein du Corps royal médical.



Doll a contribué à mettre en place le service national du sang, insistant sur le fait que la Grande-Bretagne devait éviter la voie Américaine, où les donneurs de sang étaient payés pour leur sang. Son expérience des années de guerre passées dans le Corps médical l'a aidé à dessiner les contours d'un service national de santé gratuit et universel.



Doll était impliqué, avec une génération de docteurs progressistes, dans l'Association médicale socialiste qui a fait beaucoup pour promouvoir la mise en place du NHS avant la seconde guerre mondiale et avec le nouveau gouvernement Travailliste après.



Il a été incontestablement influencé par Henry Ernest Sigerist (1891-1957), pionnier américain de la « médecine socialisée » et de la nécessité pour les travailleurs de la santé de traiter les causes fondamentales de la mauvaise santé que sont la pauvreté, la mal-nutrition et le mal-logement.

 

Le Parti communiste de Grande-Bretagne a organisé, dans les années 1940 et 1950, un petit groupe mais immensément influent de docteurs radicaux dans la « Société Sigerist ».

 

Doll est devenu célèbre pour ses travaux scientifiques sur le lien entre le cancer et le tabagisme étant parmi les premiers à le prouver, ce que les compagnies de tabac niaient, dans un article de 1950.

 

En 1960, il était élu à la Société royale.

 

Dans ses dernières années, Doll devient un des épidémiologistes les plus influents de sa génération, travaillant en particulier sur les limites d'exposition à l'amiante. Dans de nombreux champs, il a été un pionnier de la recherche, ses résultats faisaient le lien entre travail et santé et il a apporté des recommandations sur les façons dont l'environnement de travail pouvait être amélioré.

 

En 1969, il a été muté à l'Université d'Oxford, pour y siéger comme professeur Régius de médecine. Travaillant dans le Centre impérial de recherche sur le cancer, il a pris part à une étudie qui conclut que le tabac, avec les infections et le régime alimentaire, causait les ¾ de tous les cancers. Ce constat est devenu la base de nombre de conclusions de l'OMS sur la pollution de l'environnement et le cancer.

 

 

En 1996, il est fait Compagnond d'honneur pour « services rendus d'importance nationale ».

 

Il meurt le 24 juillet 2005, à l'âge de 92 ans.

 

Regarder en arrière ne devrait jamais être une fin en soi. Regardons plutôt les vies et les contributions de personnes comme Doll, pour comprendre ce que les fondateurs du NHS essayaient de réaliser. Cette compréhension des choses ne fait qu'ajouter de l'urgence et du mordant aux luttes actuelles pour protéger notre service de santé sur la base de la coopération.



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