KKESecond tour des élections régionales et locales



La colère populaire s'est exprimée contre les politiques du gouvernement PASOK, de la droite et de l'Union Europénne

 

 

 

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Le 14 novembre, se déroulait le second tour des élections régionales et locales. La colère des travailleurs Grecs contre les mesures du gouvernement social-démocrate PASOK, qui sont imposées avec l'appui de l'UE et du FMI, s'est exprimé très clairement.



Nous devons avoir en tête qu'au premier tour des élections le KKE, qui était représenté par les listes du « Rassemblement populaire », était le seul parti qui avait amélioré ses scores (+ 3,3% par rapport aux élections législatives de 2009), atteignant les 11% et récoltant près de 600 000 voix (592 977), soit 80 000 voix de plus qu'aux élections législatives de l'an dernier (cf l'analyse détaillée du premier tour par le KKE: Le PC Grec (KKE) analyse sa percée aux élections locales du 7 novembre, avec 11% des voix, comme un renforcement du parti pour les luttes à venir). Ce résultat est particulièrement important pour nous, si on prend en compte la hausse de l'abstention (la participation a été de 61%).



Le KKE a fait élire 41 conseillers régionaux et plus de 500 conseillers municipaux.



Au second tour, le KKE était représenté dans seulement 2 municipalités, Petroupoli (ville de la banlieue ouvrière d'Athènes) et Ikaria. Dans les autres municipalités, où s'affrontaient les forces des deux grands partis bourgeois (PASOK/ND), les différents candidats « indépendants » et les représentants des partis qui soutiennent l'UE, le KKE a appelé le peuple à voter blanc ou nul.



Les résultats montrent que la participation au second tour a été encore plus faible qu'au premier tour (près de 45%) tandis qu'il y a une hausse également dans le nombre de bulletins blanc et nul.



Dans la municipalité de Petroupoli, le candidat du KKE a obtenu 21,6% au premier tour et a gagné avec 55% au second tour.



Dans la municipalité d'Ikaria, où le KKE a traditionnellement de bons résultats (aux dernières élections législatives, il a obtenu 35% des voix), le représentant du KKE a obtenu au premier tour 43,9%. Néanmoins son adversaire, qui a été soutenu par toutes les autres forces politiques du pays (PASOK, la droite de la ND, les opportunistes du SYNAPSISMOS/SYRIZA, le parti nationaliste du LAOS), a remporté le second tour. Le candidat communiste a quand même obtenu 48% au second tour.



Le KKE continuera la lutte immédiatement après la fin de la bataille électorale sans aucun temps de répit. Il organisait dés hier, lundi 15 novembre, à Athènes, Salonique et dans d'autres villes, à l'occasion de la visite en Grèce de représentants de la troika Union Européenne/FMI/BCE.



090927_meeting_KKE_papariga.jpgDéclaration de la secrétaire-générale du KKE Aleka Papariga sur les résultats des élections locales


 

La secrétaire-générale du Comité central du KKE, Aleka Papariga, a rendu la déclaration suivante ce dimanche soir, concernant les résultats du second tour:



« Le second tour des élections locales a renforcé le message déjà exprimé pour le premier tour, celui d'une colère du peuple vis-à-vis des politiques du gouvernement et également des politiques de la ND. Et quand nous parlons de colère et de mécontentement, nous ne parlons pas de la manière dont ils gèrent les affaires et exercent le pouvoir gouvernemental, mais cela reflète le mécontentement du peuple par rapport à la détérioration de sa condition, la perte de tous les acquis qu'ils avaient conservé ces dernières années, à cause du mémorandum et de son utilisation comme prétexte.



La discussion sur l'abstention est quelque chose qui nous concerne également. Comme vous le savez, nous sommes opposés à l'abstention, nous sommes pour une participation active et nous apprenons avec satisfaction qu'une grande partie de ceux qui ont voté pour le « Rassemblement populaire » dimanche dernier se sont déplacés et ont voté blanc ou nul au second tour. Le problème, c'est que ceux qui ont versé des larmes de crocodile sur l'abstention sont des hypocrites. Qui a démobilisé le peuple? Qui a raillé les luttes, la participation organisée, dans les assemblées populaires dans les quartiers et sur les lieux de travail? Qui s'est moqué des grèves? Bien sûr, quand une grande partie du peuple se trouve en dehors de l'activité syndicale et ouvrière organisée, il est naturel qu'en période électorale, alors qu'ils sont mécontents, il choisissent de rester à la maison. Qui a alimenté l'idée parmi le peuple qu'il n'y a pas d'alternative à la voie à sens unique de l'UE et des monopoles?



Nous sommes d'opinion que le courant de colère et de mécontentement va se renforcer. Nous pouvons voir une évolution positive dans la conscience populaire en dépit du fait que le processus de prise de conscience reste incomplet. Nous sommes prêts à dialoguer avec ceux qui ont voté contre la ND et le PASOK, avec ceux qui se sont abstenus pour des raisons politiques en dépit du fait que nous ne sommes pas d'accord avec cette forme de protestation. Nous sommes prêts à les rencontrer afin de construire un courant de rassemblement populaire, d'organisation et de lutte, avant tout sur les lieux de travail et aussi dans les quartiers.



Si vous voulez, la manifestation que nous organiserons demain [c'est-à-dire hier] n'est pas une fin en soi mais un point de départ. La contre-attaque systématique doit être organisée contre les nouvelles mesures dures qui sont prévues, qui seront appliquées de manière implacable et qui sont difficiles à pleinement concevoir à l'esprit humain. Nous sommes, néanmoins, en position de comprendre vers où les choses vont, et désormais il existe des possibilités, et elles doivent être exploitées non pas à travers l'abstention, mais par la participation active afin que nous puissions mettre en échec certaines des mesures et, si on le veut aussi, qu'il y ait certaines conquêtes. Il y a une issue.



Rien n'a jamais été inévitable dans l'histoire de ce pays, ou dans l'histoire du monde d'ailleurs.



La crise s'intensifiera, en Grèce et dans l'UE. Les signes en sont évidents. Et, donc le peuple à travers des luttes sur des questions urgentes comme le chômage et la sécurité sociale doit envisager un renversement radical du rapport de forces, surtout dans le mouvement syndical. Dans les corporations où l'aristocratie ouvrière est dominante, ceux qui pratiquent la collaboration de place, veulent canaliser le peuple et non le libérer. Il n'y a pas d'autre solution, autre que celle de la modification du rapport de forces à partir d'en-bas, afin que les changements se répercutent au sommet. Ce qui va s'intensifier au cours de la crise, ce sont les discussions, concernant des scénarios de coopération, les délibérations, les conférences, etc. Nous avons rendu une position claire: pas d'accord avec tout parti qui soutient les politiques de l'UE, le mémorandum, et les politiques des monopoles. Pas d'accord avec les partis et forces qui se soumettent au nom du réalisme et essaient d'atténuer et d'empêcher la radicalisation. Nous sommes ouverts à une action commune avec comme critère que cette action commune soit basée sur les intérêts de la classe ouvrière, des petits commerçants, des petits et moyens paysans. Surtout, nous avons besoin d'une alliance sociale clairement définie et c'est là qu'un changement dans le rapport de force se créera.



La discussion sur ces différents scénarios n'est pas accidentelle. Nous pouvons en voir quelques implications. Aujourd'hui, il y a certains partis et politiciens qui sont prêts à légitimer les politiques du gouvernement et à aider à la relève de la ND. Nous voulons former un Front populaire et social à partir d'en-bas. C'est la voie qui est la base de tout.



C'est seulement quand le peuple devient acteur principal, que nous devons discerner un réel espoir de s'en sortir. Toute autre chose dont ils nous parlent, sur leur objectif de garder les gens chez eux, attendant dans leurs canapés que les partis (devenus impuissants dans leur relation avec les masses populaires) résolvent leurs problèmes ou fassent apparaître de « nouveaux » visages sur la scène politique. L'ancien et le nouveau devrait seulement exister dans l'affrontement entre le pouvoir politique dominant et le peuple »

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