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Soumise à des pressions diverses, la JC d'Asturies réaffirme que son référent est le Parti communiste et qu'elle se battra pour le renforcer dans la lutte!


 

Article et traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Depuis plusieurs mois, ce bastion minier du communisme espagnol que sont les Asturies est devenu le théâtre central de l'affrontement entre les communistes espagnols qui se battent pour le « renforcement du PCE » et ceux qui se déclarent partisans de la « refondation d'Izquierda Unida ».



Le cas des Asturies montre clairement l'incompatibilité et l'opposition des deux projets.



En effet, la direction Asturienne d'Izquierda Unida (Izquierda Xunida/IX en asturien) en est même venue à exclure le Parti communiste d'Asturies (PCA) qui en était pourtant le lointain fondateur et dont elle fut, pour une bonne part, issue à une autre période!



Les dirigeants du Parti communiste d'Asturies, déterminés à faire vivre une ligne communiste dans leur fédération, ont alors poussé la rupture avec Izquierda Xunida jusqu'à proposer la mise en place de listes communistes autonomes aux prochaines élections locales (cfIXème Congrès du PC des Asturies: Le PCA vote à l'unanimité pour le principe de candidatures autonomes communistes aux prochaines municipales)



Ce serait une première depuis 1986 et la création d'Izquierda Unida.



En effet, les statuts du PCE et d'Izquierda Unida (IU) délèguent l'intégralité des compétences politiques, dont celles électorales, des partis-membres dont fait partie le PCE à Izquierda Unida. Depuis 2004, une disposition additionnelle aux statuts autorise, dans certains cas exceptionnels d'impossibilité d'entente entre fédérations du PCE et d'IU, une reprise en main des compétences politiques par le parti. C'est sur cette base statutaire que les communistes Asturiens basent leur action.



Or, ces débats politiques au sein du Parti traversent également la Jeunesse communiste. Sur une ligne tout aussi intransigeante sur le plan de l'autonomie communiste et du parti-pris de la lutte, la JC d'Asturies (JCA) pouvait manifester son impatience devant la situation de « compromis » adopté par le dernier congrès du PCE: un pas dans la reconstruction du PCE, un pas dans la refondation d'IU.



Les relations cordiales entretenues avec les CJC (Collectifs jeunes communistes) l'organisation de jeunesse du PCPE (Parti communiste des peuples d'Espagne1) avaient fait naître la rumeur d'une fusion de la JCA avec les CJC, donc de l'adoption comme parti référent du PCPE et non plus du Parti communiste d'Asturies et d'Espagne. Certains éléments très minoritaires de la JCA ont effectivement choisi cette voie.



La jeunesse communiste d'Asturies, en tant qu'organisation, a tenu à une rectification nécessaire: le référent partisan de la JCA reste le Parti communiste d'Espagne car, c'est le sens de la déclaration que nous publions ci-dessous, aujourd'hui, plus que jamais, le peuple d'Espagne a besoin du PCE.



Les jeunes communistes des Asturies déclinent donc la main tendue des camarades du PCPE, à laquelle une infime minorité de la JCA a répondu positivement, et surtout ignorent la main enveloppante de Izquierda Unida qui, depuis vingt-six ans, étouffe le PCE et prive donc les travailleurs espagnols de l'outil indispensable pour le succès de leurs luttes.




Voici l'intégralité du communiqué publié par la Jeunesse communiste d'Asturies:




Face à l'apparition dans certains médias alternatifs d'un communiqué signé au nom de la Jeunesse communiste d'Asturies, nous voulons exprimer le fait que:



1 – La crise économique et financière rend inaccessible à la jeunesse une vie avec un emploi et un logement. Le droit à l'éducation et aux loisirs est de plus en plus un privilège de ceux qui peuvent se les payer. La nature est utilisée par les grandes entreprises comme une ressource économique et sa destruction met en péril la survie de l'humanité.



2 – En diminuant les allocations-chômage, tout en maintenant près de 4 milliers de personnes au chômage forcé, en éliminant le principe même de la retraite, en augmentant les frais de scolarité, les dirigeants économiques et politiques créent les conditions de la crise: en paupérisant la classe ouvrière, ils empêchent que les marchandises produisent puissent circuler. On prépare le terrain à une situation similaire à celle des années 30.



3 – Les 35 plus grandes entreprises espagnoles, le IBEX-35, ont engrangé 42 milliards d'euros de profits en 2009. Ils n'ont ni payé, ni n'envisager de payer la « facture de la crise ».



4 – Les mobilisations de jeunes et de travailleurs redoublent de détermination en France et en Grèce. La grève générale dans notre pays a mobilisé des millions de personnes. Que ceux qui ne se sentent pas responsables de la crise sortent dans la rue et s'organisent pour lutter contre les attaques portées à leurs droits historiques.



5 – Au XIXème siècle, les industriels défendaient l'idée que sans le travail des enfants et des femmes pendant 12 et 14 heures par jour, il faudrait fermer les usines ou délocaliser. Ce sont les mêmes chantages, avec des arguments plus modernes, que l'on entend de nos jours.



6 – Comme alors, l'existence du parti communiste et des syndicats sont les principaux bastions pour contrer les mensonges des industriels, des actionnaires et des politiciens, et pour animer la lutte sociale.



7 – Le PCE continue d'être un point de référence pour la transformation sociale dans ce pays. Avec toutes ces déficiences, elle continue d'être l'organisation ayant le plus grand nombre de militants sur les fronts de lutte.



Nous affirmons donc que:



1 – La Jeunesse communiste d'Asturies, comme organisation de jeunesse du Parti communiste d'Asturies, continue d'exister comme outil de lutte et école de militants.



2 – Un groupe de militants de la Jeunesse communiste d'Asturies a abandonné l'organisation. Certains ont décidé de s'organiser dans une autre organisation politique.



3 – La discussion et la confrontation d'idées ouverte et sans peur entre ceux qui luttent, n'autorisent pas la sortie des principes de l'organisation, comme cela fut le cas lors de la « Conférence » organisée le 13 novembre 2010, que ce Comité Central ne reconnaît pas. Le débat d'idées est le moteur du progrès de la science et du mode de fonctionnement des organisations communistes. Raul Castro affirmait il y a quelques jours que « la reconnaissance d'avis divergents doit être une maxime dans le Parti ». Ce principe n'a pas été respecté par ceux qui ont mené le processus qui, avec des méthodes anti-démocratiques, s'est conclu par le départ d'un groupe de militants de la JCA vers une autre entité politique.



Nous déclarons:



1 – Notre volonté de continuer à développer la JCA pour défendre l'accès à l'éducation, au travail, au droit au repos et à la retraite, pour lutter pour la conservation de la nature.



2 – Notre volonté de recueillir les avis et les attentes de tant de jeunes qui ne se résignent pas à la situation actuelle, qui veulent lutter contre les injustices, et qui ne trouvent ni un moyen ni une structure pour y parvenir.



Oviedo – 17 Novembre 2010



1Parti communiste des peuples d'Espagne: scission de la minorité du groupe dirigeant du PCE en 1984 opposée à l'euro-communisme, au réformisme et à la dérive qui mènera à Izquierda Unida en 1986. Sur des positions justes d'opposition à la direction du PCE, des centaines de militants communistes vont alors faire le choix de sortir du PCE, laissant les coudées franches à la direction réformiste du PCE dans son projet liquidateur. Vingt-cinq ans après, le PCPE conserve une audience très limitée (0,08% aux législatives de 2008) tout en ayant privé l'opposition communiste au sein du PCE d'éléments combatifs qui auraient pu contribuer à mettre en échec le projet liquidateur. C'est sur la base de cette analyse politique que les jeunes communistes d'Asturies ont refusé la fusion avec leurs camarades du CJC, organisation de jeunesse du PCPE.

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