chile camila vallejoUne jeune militante communiste, secrétaire de la première centrale syndicale estudiantine du pays, à la tête des luttes étudiantes s'opposant à la privatisation des universités au Chili

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Une dirigeante communiste à la tête des luttes étudiantes au Chili

 

 

C'est la figure emblématique des manifestations étudiantes qui ont poussé Sebastián Piñera à proposer des changements dans le système. Qui est Camila Vallejo et en quoi croit-elle ?

 

Avec plus d'un mois de grève et les manifestations les plus massives depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990, les étudiants du pays qui exigent une transformation du système ont reçu une proposition de la part du président Sebastián Piñera.

 

Il s'agit du « Grand accord national pour l'éducation » (GANE) et il appelle les lycéens et les étudiants ainsi que l'Ordre des Professeurs à entamer des pourparlers en vue de changements profonds actés par des projets de lois proposés au Congrès.

 

Un fonds pour l'éducation de 4 milliards de $, l'augmentation du nombre de bourses, la diminution des taux d'intérêt pour les crédits qui servent à payer les études universitaires et l'invitation à « débattre » sur la possibilité de faire une distinction entre universités avec et sans but lucratif, voilà les mesures qui se dégagent de cette proposition.

 

« Malheureusement, nous voyons qu'on nous ressert la même chose mais avec quelques pesos de plus », a déclaré Camila Vallejo, présidente de la Fédération des étudiantes de l'Université du Chili (Fech) et une des figures les plus en vue du mouvement qui exige que l'on modifie le système.

 

Et bien que le président ait mis en avant les mesures et ait demandé« de mettre un terme aux protestations et aux manifestations et de reprendre le chemin du dialogue et de la concertation », la réponse du mouvement étudiant est négative, confirmant une nouvelle grève nationale pour le jeudi 15 juillet.

 

Qui est cette jeune femme que beaucoup voient comme la leader des manifestations ?



 

La figure emblématique



Camila Vallejo Dowling a 22 ans et elle est diplômée de Géographie « avec une thèse à finir » pour obtenir effectivement son diplôme. L'an dernier, elle a gagné les élections internes à l'Université du Chili et est devenue la seconde femme dans l'histoire à présider la plus importante fédération étudiante du pays.

 

Dans ce rôle, elle s'est distinguée comme la force d'impulsion et la leader du mouvement qui a fait descendre le 30 juin dernier plus de 80 000 personnes dans la grande avenue Alameda de Santiago – selon les chiffres des services de la ville – et 200 000 selon les organisateurs, qui se sont ajoutés aux 200 000 autres dans les autres villes du pays.

 

Parmi les principales revendications des étudiants, la fin du système municipalisé de l'éducation primaire et secondaire, dans lequel les villes ont la charge des établissements gratuits et reçoivent des aides de l’État en fonction du nombre d'élèves, et l'application de la loi qui interdit aux universités de réaliser des profits.

 

Militante du Parti communiste, Camila Valejo a été accusée d'être manipulée par cette formation de gauche ou de radicaliser les positions du mouvement, ce qui à son avis est seulement une tentative visant à disqualifier les mobilisations.

 

« Je crois que ces critiques ne reposent sur aucun fondement réel, mais cela même va plus loin que àa. Il y a un Parti, le Parti communiste, qui travaille avec un mouvement social plus vaste, et c'est en cela que ces critiques n'ont aucune légitimé et sont bien plus une tentative désespérée pour essayer de diviser le mouvement », a-t-elle confié à BBC Mundo.

 

 

L'avenir

 


A la suite de son irruption comme dirigeante étudiante, certains croient que Vallejo remplit tous les critères pour parvenir à avancer sur le terrain politique : avoir présidé la FECh et compter sur un charisme tout particulier lui permettraient de prendre la tête de toute une frange de la jeunesse qui se rapproche de plus en plus de ses positions.

 

« Je crois qu'elle est en train de devenir une figure féminine imposante et une figure avec un contenu idéologique, et si elle continue en ce sens, elle va probablement s'installer comme une référence importante au sein du communisme chilien, prenant ses distances avec les schémas classiques », a souligné à BBC Monde le politologue Guillermo Holzmann.

 

« Elle peut, à travers un travail approprié et avec une définition claire de ce qu'elle veut atteindre, et en attendant de voir les gains obtenus par ce mouvement, avoir un grand avenir. Son talent l'a fait déjà bénéficier d'un soutien fort important », a déclaré à son tour l'analyste politique Daniel Contreras.

 

La réponse de la présidente de la FECh face aux analyses déployées autour de sa personne est claire. « Cela ne rentre pas en considération dans mes aspirations personnelles », s'est-elle exprimée, bien qu'en fonction de la croissance ou des besoins futurs du mouvement actuel, elle se déclare « prête » à relever un tel défi.

 

Pour l'instant, la Confédération des Étudiants du Chili (Confech) – qui rassemble les différentes fédérations – analysera en profondeur les propositions de Piñera pour décider si elle accepte un dialogue avec les principaux acteurs du gouvernement et de la scène politique, toujours dans l'objectif de parvenir à des « changements profonds ».

 

« Ce mouvement pose la nécessité de transformation profonde des institutions actuelles, elle pose la nécessité de transformations profondes du système éducatif et c'est cela qui le rend politique, car il pense à travers l'éducation un modèle de société », a déclaré Camila Vallejo.

 

 

Article initialement publié sur le site de BBC-Mundo. Le ton et les éclairages politiques sont de l'entière responsabilité de son auteur initial

Retour à l'accueil